17 décembre 2017

Chronique du temps jadis : extraits N° 1

 

Bonjour,

 

 

 

Love sexy

 

 

 

Novembre 2015...

 

 

Je suis en train de réécrire l'ensemble de ce manuscrit !

Sous peu, je vous mettrai de nouveaux extraits qui seront la version définitive de mon travail d'écriture

 

 

 

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Chronique d'un "temps jadis"

ou

"La mère indigne"

 

 

Nouvel extrait :

 

Reconnaissance

 


Paroles d'une âme inconsolable :

 

"Je dédie ces lignes à une petite fleur d’innocence qui s’est fermée par une belle journée

de mai ; juste avant, elle avait pris son temps afin de nous faire comprendre combien la vie était belle et riche de promesses.

Hyperdouée, elle nous a embrassés, aimés avec cette générosité spontanée qui était sienne, parce que rien ne lui était indifférent.
Son monde, inondé d’amour et de tendresse, s’est enfui à jamais.

Il a laissé là, en perdition, des proches déchiquetés.
Mais en ce qui me concerne, elle m’a accompagnée, telle une canne blanche dans les ténèbres, fabuleux rai d’espoir lumineux afin que je ne me perde pas.

Ange Gardien, c’est grâce à toi que je ne me suis pas laissé mourir.
Sourire et bonheur des tiens, tu as été ma source de vie, ma résurrection.

Sois mille fois bénie et repose en paix petit ange d’amour.


Mémoire, je voudrais... Ô, comme je voudrais que tu fusses autre.

Mais il ne me reste que cette mémoire-là qui me raconte le bonheur mais fait resurgir aussi et surtout le reste : le cauchemar, la souffrance, la peur, la culpabilité, la haine et plus que tout l’annihilation de ce qui ressemblait à notre vie, la vie d’avant le carrefour.

Mémoire, Ô Mémoire, comme je voudrais."

 

 

 

  

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   Reconnaissance

 

 

Paroles d'une âme inconsolable :

 

"Je dédie ces lignes à une petite fleur d’innocence qui s’est fermée par une belle journée de mai ; juste avant, elle avait pris son temps afin de nous faire comprendre combien la vie était belle et riche de promesses. Enfant hyper douée en tout, elle nous a embrassés, aimés avec cette générosité spontanée qui était sienne, parce que rien ne lui était indifférent.

Son monde, inondé d’amour et de tendresse, est parti à jamais. Il a laissé là en perdition des proches déchiquetés.

Mais en ce qui me concerne, elle a accompagné mon trajet, telle canne blanche, dans les ténèbres, rai d’espoir lumineux afin que je ne me perde pas. Ange Gardien, c’est grâce à toi que je ne me suis pas laissé mourir.

Sourire et bonheur des tiens, tu as été ma source de vie, ma résurrection. Sois mille fois bénie et repose en paix petit ange d’amour.

Mémoire, je voudrais... Ô, comme je voudrais que tu fusses autre. Mais il ne me reste que cette mémoire-là qui me raconte le bonheur mais fait ressurgir aussi et surtout le reste : le cauchemar, la souffrance, la peur, la culpabilité, la haine et plus que tout l’annihilation de ce qui ressemblait à notre vie, la vie d’avant le carrefour. Mémoire, Ô Mémoire, comme je voudrais."




                                           

 

 

 

  Préambule









- Tu sais, "la mère" elle nous aura tout fait ! Elle a divorcé, elle est sortie avec des noirs et maintenant, savez-vous la dernière ? Elle est lesbienne !



La remarque du jeune homme a fusé, cinglante, sur un ton offusqué et réprobateur.

C'est comme cette manie qu'elle a de toujours réclamer qu'on s'occupe d'elle, non mais… Quand va-t-elle comprendre qu'elle n'a pas su nous aimer et qu'on n'a plus de sentiments pour elle.

Ben oui. Fatalement, comme elle ne nous a pas donné d'amour ni d'affection alors, nous, on ne risque pas de lui rendre ça !

Oui, il faut savoir donner si l'on veut recevoir…

 

Celui auquel il s'adressait et ceux qui l'accompagnaient ont hoché de la tête d'un air entendu.







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Une proportion importante d'individus jugent étiquettent, cataloguent.

Ces bien-pensants, qui sont-ils donc pour émettre de telles opinions destinées à classer untel ou unetelle dans une catégorie plutôt que dans une autre ?

Au nom de quoi, de qui, peuvent-ils être certains de détenir la vérité ? Connaissent-ils seulement la personne dont ils font ou défont ainsi la réputation ? Ont-ils la moindre idée de ce qu'elle a pu endurer ? Se rendent-ils seulement compte à quels points leurs propos vont la faire souffrir ?

Que ne sont-ils pas simplement dotés d'un peu d'intelligence, d'un soupçon d'empathie ? Tout serait alors vraisemblablement différent.





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C'est un après-midi d'été, un jour comme les autres. Une de mes voisines a commencé à papoter avec moi par-dessus la clôture du jardin tandis que je prenais le temps de désherber mes fleurs. Le soleil est déjà haut dans le ciel et j'ai chaud. Nous parlons de tout et de rien, des choses de la vie en vaquant à nos occupations printanières, nous arrêtant de temps à autre pour caler un commentaire ou, plus simplement, nous redresser et soulager nos corps devenus douloureux. Tout naturellement, au bout d'une demi-heure de discussion, je lui propose de venir prendre une boisson fraîche pour continuer notre conversation dans de plus agréables conditions, sur la terrasse ou à l'intérieur, mais à l'ombre et au frais.



Je réside en Bretagne, à petite distance de la côte et l'air y est moins pesant qu'à l'intérieur des terres mais il n'en reste pas moins que lorsque la chaleur veut se faire ressentir... Mon interlocutrice acquiesce à ma suggestion ; je vais donc, derechef, lui ouvrir le portail. À l'intérieur, tandis que nous nous installons au salon sous le plafonnier, muni d'un ventilateur que je mets en marche, nous reprenons notre papotage. Je ne sais plus comment ont évolués nos propos mais le fait est que, rapidement, cette charmante vieille dame a entrepris de se raconter, me livrant ainsi ses secrets.

Mon interlocutrice (plus de première jeunesse, vous l'aviez compris) vivait relativement à l'écart du monde. Je dis cela parce que je ne l'ai jamais vu recevoir de famille ou presque jamais depuis que je suis revenue dans ma province d'enfance, le temps venu de la retraite. Ses confidences, d'abord de caractère général, vont rapidement prendre une tournure plus personnelle, je dirais même intimiste. Je l'ai écoutée avec la plus grande attention, elle qui avait connu tant de choses familières même si je les avais différemment vécues puisqu’aussi j’étais d’au moins quinze ans sa cadette.

Je vais vous relater un hommage le plus fidèlement possible : son histoire, parfois anecdotique, mais aussi ponctuée de larmes, de souffrance, de drames, une destinée flirtant fréquemment avec la mort. Bien évidemment, je n'ai gardé aucun patronyme pouvant la placer devant quelque difficulté que ce soit.

Soucieuse de bonne confidentialité, j’ai eu à cœur de préserver et garantir son anonymat. Je lui devais cette marque de respect minimale mais essentielle. Je me suis contentée de planter certaines séquences de sa vie dans des régions que je connais bien. Les décors évoqués sont destinés à vous faire apprécier leur beauté ou leur charme sachant que sa pudeur, voire la douleur produite par l'évocation de certains de ses souvenirs l'obligeaient à passer outre la situation géographique de son récit : en l'occurrence, j’ai de ce fait planté les décors dans la région dinannaise ou autour de St Malo par exemple, sans autres précisions.

Il m’a semblé primordial de vous faire partager les sentiments heureux et malheureux exprimés que j'ai ressentis au long de cette écoute : un récit témoignage d'une vie vécue dans sa stricte authenticité, à savoir, le parcours de Claudine.







 

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Chapitre I





Claudine





22 Décembre : Grégory Lemarchal remporte la première place de l’émission télévisée



Ce matin de Mai deux mille quatre, Claudine s’était levée comme à l'accoutumé en ce matin de Mai 2004 ; dans la perspective d'un agréable petit-déjeuner qu'elle souhaitait déguster agréablement, elle avait attrapé un bol, rangé dans le meuble blanc à fleurs bleues de la cuisine. Il était un de ces anciens modèle vintage, selon l'expression actuelle, posé contre le mur. Il était identique à ceux que l'on possédait dans les campagnes au cours des années mille neuf cent.

Sa constitution, dès la prime enfance, s'était révélée assez délicate. Cependant, élevée à la dure, comme on l'était à cette époque, elle n'avait pas eu de suivi médical particulier. Elle avait donc grandi à la « va-que j'te pousse ». Une longue enfance de restrictions, de privations, de manques essentiels avaient fait d'elle une nature sujette à bien des faiblesses de constitution. Selon un rituel bien établi, elle y avait mélangé une quantité de lait et de café en respectant les proportions auxquelles elle était habituée ; elle mettait toujours beaucoup plus de lait (elle en raffolait) parce que de tous temps, elle avait eu besoin de laitages pour ne pas trop se décalcifier. Ensuite, elle avait déposé son bol dans le four à micro-ondes, avait tourné le programmateur en refermant la porte : il ne lui restait plus qu'à attendre la petite sonnerie indiquant que son breuvage serait prêt. Il était environ sept heures. Le soleil éclairait déjà généreusement un ciel sans nuage, annonciateur d’une délicieuse journée : une fin de mois de mai comme une autre, somme toute. La sonnerie du micro-ondes résonna presque aussitôt, l’avertissant que la boisson était chaude ; elle s’empara du récipient, l’emporta dans le séjour et le déposa sur la table avec précautions : le bol était rempli à ras le bord ; ensuite, elle laissa tomber quelques sucrettes dans le liquide (elle s’était mise au régime et avait par conséquent éliminé tous les sucres de son alimentation). Elle prit la chaise qui se trouvait face au bol et s’assit, désireuse de profiter de l’instant présent. Elle affectionnait particulièrement ce rituel matinal : depuis sa mise en retraite, il pouvait se dérouler paisiblement, sans précipitation aucune, ce qui n’avait pas toujours été le cas dans le passé.

Par la baie vitrée largement ouverte, elle entendait le chant des oiseaux. Alentour de son immeuble, s’étendait un assez grand nombre d’espaces verts arborés et fleuris ; dans les arbres situés en contrebas, des volatiles étaient perchés en grand nombre : leurs roucoulades étaient un plaisir pour les oreilles. Elle avala, avec délectation, une grande lampée de son café au lait et reposa le bol sur la table. Son esprit s'évada… Elle avait passé une bonne nuit, était détendue, bien dans sa tête autant que dans son corps. La sexagénaire aimait à ralentir le cours de sa vie dès qu'elle le pouvait et tendait à profiter de ce que celle-ci pouvait encore lui apporter. Comment expliquer qu'à cet instant un mot très précis s'imposât à elle avec force ? Plus qu'un mot, une idée, des images concrètes engendrant des souvenirs :  « famille  ». Pourquoi ces pensées, en cet instant, précisément ? Allez donc savoir. Toujours est-il qu’un flot de réflexions l’envahit. Elle n’avait nul désir de s’appesantir sur quoi que ce soit de sérieux et repoussa cette idée. Elle abaissa son regard : le bol était là, devant elle, encore à la moitié ; elle but de nouveau une gorgée puis une autre, lentement, en appréciant les bienfaits. Elle le reposa, saisit une cigarette, l’alluma, en tira une longue bouffée, laissant après coup la fumée s’échapper en volutes bleuâtres. Elle avait pourtant décidé de ne plus fumer, espérait y parvenir mais sans succès.

En combinant ces petits gestes inutiles, machinaux, elle avait tenté de repousser les idées qui s’étaient présentées intempestivement quelques instants auparavant : peine perdue. Devenue nostalgique, elle se prit alors au jeu des comparaisons : dans le temps on n'avait pas de

micro-ondes, le lait s'achetait à la ferme la plus proche et personne ne connaissait le sucre de synthèse. Enfant, elle avait beaucoup côtoyé le monde rural lorsque sa mère s'y louait en tant qu'employée de saison. Elle avait eu l'opportunité et l'occasion de connaître, d'apprécier tous les produits provenant de la ferme. Plus tard, ses enfants avaient, à une époque précise, eu celle d'aller, à leur tour, chercher le lait nécessaire à leurs besoins chez les agriculteurs voisins. Cette seule évocation de vieux souvenirs la ramena à SA famille et à son concept. La représentation philosophique, l’interprétation même de ce mot s’imposa à elle de plus belle : elle ne pouvait décidément plus s’y soustraire.

Avec le recul des années, elle se disait qu’il fallait une sacrée audace ou de l’inconscience pour oser mettre au monde des enfants dans ce siècle-ci, enfin, si l’on espérait en faire des adultes sains ou pas trop moches. Encore qu’à son époque une certaine qualité de vie, malgré sa rudesse, avait rendu l’éducation plus simple. Mais prend on en compte toutes ces considérations lorsque l’on est amoureux, par exemple ? Bien évidemment non et fort heureusement d’ailleurs car, dans ce cas, personne n’aimerait plus, n’agirait plus et ne concevrait plus aucune progéniture. N'oublions pas en outre que nous sommes aussi des animaux, évolués certes, mais dont la fonction première est de perpétuer leur espèce. L’être humain possède cette faculté de penser et de réfléchir à la fois merveilleuse et terrible qui en fait une personne dotée de sentiments.

Là réside sa force mais aussi ses défaillances.

Que représentait donc ce symbole « famille » pour Claudine ? Primo. Qu’est-ce que c'était ? Un simple mot, une idée ou un besoin ? Dans son cas, un désir profondément ressenti sans aucun doute. Adolescente, elle avait cru, souhaité, que sa mère et elle puissent enfin connaître, apprécier la sécurité, le bonheur de constituer une véritable famille : elle avait ressenti cette émotion lors de la présentation de son dernier et nouveau « papa ». Bien évidemment elle ne soupçonnait pas alors qu'entrait dans sa vie un pédophile de talent ! Cet homme allait faire radicalement basculer son existence dans la honte quand elle en attendait tant de joie : son quotidien était rapidement devenu vice et horreur et perdurera des années.

Mais revenons à son idée première : enfanter, ne serait-ce qu’une fois, avec ou sans mari. Ce mot entendait créer une vie, acte représentatif ce qu’il y avait de plus merveilleux en soi. Seulement avait-elle, alors, bien réfléchi à tout ce que cela impliquait Tout un chacun peut engendrer de nouvelles existences sur terre, certes. Cela est d'une telle facilité. Mais que deviennent-elles ensuite sous et hors de notre influence ? Certains enfants, bénis des Dieux grandissent entre des parents sereins. D'autres sont bercés par le vice et la déchéance. Â de rares exceptions près, les uns et les autres sont aimés par leurs géniteurs selon des règles différentes et ils grandiront au gré de valeurs aléatoires qu'ils viennent d'un milieu ou d'un autre. Quelques-unes parmi ces progénitures rendront à leurs parents amour et reconnaissance au centuple quand d'autres s'en détourneront alors que rien ne le laissait prévoir, pourquoi ? Les adultes les ont, en général, autant aimé même s'ils les ont mal aimé mais souvent, ils ont obtenu un résultat à l'inverse de leurs espérances. Il y aurait peu à épiloguer si ces enfants, plus tard, ne se mettaient pas en tête des idées étranges, idéales ou excessives sur ce qu’est une maman : plus grave encore, ils extrapolent la plupart du temps sur ses droits et devoirs. Et là, croyez-moi, nous frisons l’absurde, le pathétique, le non-sens ou la folie. Pourtant, de génération en génération, les événements se reproduisent faisant commettre les mêmes erreurs aux uns et aux autres, chacun se croyant éclairé, habité d'une nouvelle vérité. Pour les faibles, les assistés, les « zonards », les parents autant que la société, mais plus encore leur mère est responsable, sont responsables de tous leurs maux : il faut bien qu'il y ait un ou une coupable ! L'inéluctable : elle les aura mal préparés, aurait dû mieux les épauler, les comprendre, elle aurait dû. Mais quoi donc ?

Alors tout ce petit monde devient plus exigeant, personnel, égoïste : il oublie définitivement que maman est aussi et avant tout un être humain, une femme, avec ses forces et ses faiblesses. Les mères, en principe, donnent le maximum à leur progéniture, font en leur âme et conscience compte tenu des circonstances ; pourtant, elles se retrouvent souvent abandonnées, vieillissantes, malades, sans qu’aucun de leurs enfants ne se manifeste. De toutes manières, de notoriété publique, ces femmes sont seules responsables de leur sort : l'attitude de leurs rejetons est normale, voire justifiée ! Il ne viendra jamais à l’esprit de ces enfants qu'ils puissent avoir un devoir d’assistance envers leurs parents, et plus encore, celui de les aimer ce qui est un minimum. Mettons ce sujet au cœur d'une conversation et nous pourrons entendre ce commentaire de certains :  «Après tout, nous n’avons jamais demandé à naître ! Alors… »

C’est un peu de tout cela une famille, mais il en est de meilleures heureusement, enfin Claudine l'espérait, parce qu’il en est de pires aussi. Mais à vingt ans, preniez-vous en compte ces paramètres bons ou mauvais ? Qui peut le dire ? Ajoutons à cela que pour un enfant, un adolescent, la perception des ressentis de la vie est totalement différente de celle d’un adulte : son regard, sa sensibilité sont autres. En vieillissant sa mémoire sélective ne retiendra que ce qui lui aura semblé primordial dans ce qui constituait son contexte et sa sensibilité du moment donné, de l'époque : c’est ainsi, heureusement dans certains cas et malheureusement dans d’autres.

Précisons que la pensée des enfants actuels a quelque peu évolué avec l'impact de la télévision et d'internet, mais autrefois, ils n'étaient éduqués que par la parole transmise : celle des adultes, parents, instituteurs, voisins, camarades et par la lecture. Sa vision, toute personnelle, pouvait se résumer ainsi : créer la vie est, ou tout au moins devrait être, une étape, pas une finalité. Cependant, obtenir que les êtres en question soient solides, unis et forment quelque chose de cohérent ayant une articulation positive, évolutive, dans la diversité, est un tout autre enjeu. Les enfants héritent de gènes multiples destinés à façonner des individus dotés de points communs, mais aussi de différences avec lesquelles il faudra apprendre à composer au plus juste, puisque aussi leur devenir nous est totalement inconnu.

Il était évident qu'à ce stade de ses réflexions, un mécanisme s'était enclenché. Était-ce pour éclaircir quelques points de détail, comprendre ou tout au moins analyser quelque chose émanant du passé ? Elle n’avait certes pas les réponses cependant, curieuse de nature, elle décida de se laisser aller ; elle avait le temps : on en a toujours à la retraite.

Elle revoyait l'enfant effacée, timide, de ses premières années, sans amis ni confidents d'aucune sorte avait choisi la solitude face aux incessants déménagements de sa famille, non pas que cet état soit le meilleur qu'elle ait souhaité mais l'isolement évitait les douleurs qu'apportent les séparations. Il en était de même avec ses nouveaux papas : à peine s'attachait-elle à l'un d'entre eux que sa mère annonçait leur prochain départ vers de nouveaux horizons. Ce contexte l'avait incitée à compenser ses manques, sans pour autant les identifier. Un cocon qui vous protège de tous les chocs, un nid où il fait bon vivre. Claudine avait fortement désiré cela : réaction somme toute compréhensible, humaine.

 

(à suivre...)

 

*





Voici comment cette femme avait , pour moi, décrit un chapitre de sa vie : il me semblait que pour elle, il avait une extrême importance.

J’avais entendu sans intervenir, acquiesçant de la tête en souriant simplement.

 

N'oublions pas qu'outre les confidences de ma voisine Claudine, je me suis permis, pour enrichir l'histoire, de la questionner plus tard et que là, je place le lecteur (vous) dans ma situation : celle de faire sa connaissance comme si elle-même se racontait devant vous et pour ce faire, je reviendrai parfois en version « dialogue ».

 

Elle continua son récit le lendemain, en soirée cette fois : nous avions convenu de prendre une tisane ou un café ensemble, Je lui avait expliqué mon statut d’écrivain et combien il me plairait de coucher par écrit son récit.

 

J’avais de prime abord ressenti une résistance puis mes arguments finirent par la décider : je préserverai son anonymat et elle serait le témoin d’un style de vie en voie d’extinction, donc elle laisserait une trace, celle d’une chronique d’un temps jadis à jamais révolu.

 



 

 

A coeur perdu

 

 

 

(Toute copie et reproduction interdite : texte protégé.)

 

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Posté par baboucat à 16:06 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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